PISA 2025 : Face au recul de nos élèves, les réformes de l’enseignement portées par le MR sont plus nécessaires que jamais !

Les résultats PISA 2025 confirment un constat préoccupant fait par le MR depuis longtemps : en Fédération Wallonie-Bruxelles, nos élèves reculent en mathématiques comme en lecture. Ces difficultés sont anciennes et structurelles. Pendant vingt ans, exigence, effort et discipline ont été des tabous à l’école. Avec un financement parmi les plus élevés de l’OCDE, notre école doit faire beaucoup mieux.  Ces résultats PISA ne permettent ni l’autosatisfaction ni l’immobilisme. Ils rendent les réformes engagées par la ministre Valérie Glatigny plus nécessaires que jamais.

  • Depuis 2018, la Fédération Wallonie-Bruxelles perd 28 points en mathématiques et 15 points en lecture. Atteindre la moyenne de l’OCDE parce que d’autres systèmes éducatifs reculent davantage ne constitue pas un progrès.
  • Le problème est ancien et structurel : malgré un financement parmi les cinq plus élevés de l’OCDE, nos résultats se situent entre la 15e et la 23e place selon les domaines évalués. Il ne s’agit donc pas d’un défaut de moyens, mais d’un enjeu d’efficacité, d’exigence et de cadre.
  • PISA met notamment en lumière les difficultés liées à l’effort, à la concentration, à l’absentéisme et au climat de classe : 21 minutes sur 100 sont perdues en Fédération Wallonie-Bruxelles, contre 9 minutes en Estonie.
  • La réponse doit être claire et cohérente : mieux détecter les difficultés avec le test CLÉ en 4e primaire, relever le seuil de réussite à 60%, renforcer l’accompagnement grâce à 460 ETP, protéger les apprentissages en interdisant l’usage récréatif du smartphone à l’école et restaurer pleinement l’autorité des enseignants.
  • Les résultats PISA confirment que les réformes engagées par le MR et la Ministre Valérie Glatigny doivent être poursuivies avec détermination.

Les résultats PISA 2025 ne sont pas bons. Ne cherchons pas à cacher la poussière sous le tapis : depuis 2018, nous avons perdu 28 points en mathématiques et 15 points en lecture. En sciences, les résultats sont plus stables : -3 points depuis 2018 et +3 depuis 2022.

Les autres pays baissant fortement, la Fédération Wallonie-Bruxelles se situe désormais autour de la moyenne de l’OCDE dans les trois domaines évalués : 482 points en sciences, 467 en mathématiques et 466 en lecture.


Résultats PISA en maths sur 23 ans


Résultats PISA en lecture sur 25 ans


Résultats PISA en sciences sur 20 ans

Le fait de rejoindre la moyenne OCDE ne signifie malheureusement pas que notre enseignement progresse : nos performances sont en baisse constante dans les 3 domaines depuis de nombreuses années. Nous refusons cette définition du progrès par un nivellement par le bas qui consisterait à nous satisfaire parce que les autres baissent davantage. Nos performances se situent toujours en-dessous de celles de la Flandre.

Ceci dit, la FWB résiste mieux que certains de ses voisins : sur le temps long, elle recule par exemple de 12 points en lecture depuis 2000, contre 68 en Flandre et 91 aux Pays-Bas.  Cependant, notre objectif n’est pas d’être « moins mauvais » ou de baisser moins vite que les autres ! Nous voulons inverser la tendance et casser la spirale négative des résultats PISA en nous inspirant des meilleurs.

Il ne s’agit pas de copier tel quel un modèle étranger, mais de s’inspirer des bonnes pratiques. Les systèmes performants (Japon, Royaume-Uni, Canada, Estonie, etc.) sont différents les uns des autres, leurs contextes sociétaux également, mais plusieurs constantes reviennent :

  1. Un niveau d’exigence élevé.
  2. Une attention forte aux apprentissages de base.
  3. Une intervention rapide lorsque les difficultés apparaissent,
  4. Un cadre de classe favorable au travail, à la discipline, à la concentration et des enseignants soutenus dans leurs pratiques.
  5. Une formation renforcée des enseignants.
  6. Des enseignants respectés.

C’est d’autant plus nécessaire que nous consacrons des moyens importants à notre enseignement. Nous sommes dans le top 5 de l’OCDE en termes de financement. Pourtant, les compétences de nos élèves ne sont pas dans le top 5, mais plutôt dans le top 15 à 23. Si la réussite dépendait uniquement du budget dépensé, nous devrions obtenir des résultats bien plus élevés.

Pour rappel, sur 100 euros d’impôts en Belgique :

  1. 21,24 euros financent les pensions ;
  2. 14,8 euros les soins de santé ;
  3. 11,7 euros l’enseignement ;

(…)

En 12ème position : 2,4 euros la Défense.

Ces résultats ne peuvent pas être imputés aux réformes engagées par l’actuelle majorité. En effet, les élèves évalués par PISA avaient 15 ans au moment de l’enquête. Ils ne peuvent être lus comme le bilan du Pacte pour un Enseignement d’excellence. Ils témoignent de difficultés plus anciennes, structurelles et propres à notre système éducatif, marqué par le fait que ces 20 dernières années, les mots “exigence”, “effort” et “discipline” sont devenus des tabous. Les réformes engagées aujourd’hui entendent précisément répondre à ce défi.

  1. PISA nous parle aussi d’effort, de discipline, d’absentéisme et de concentration

Il n’existe pas une cause unique permettant d’expliquer les résultats. L’OCDE évoque d’ailleurs un faisceau de facteurs scolaires, individuels et sociétaux qui, cumulés, fragilisent les apprentissages.

Certains des signaux envoyés doivent nous interpeller : davantage de difficultés face aux textes longs et aux tâches intellectuelles complexes (en lien avec l’IA et les réseaux sociaux), baisse de l’attention, de l’effort et de la persévérance, recul du plaisir de lire et hausse de l’absentéisme. Dans les classes, le climat disciplinaire se dégrade, notamment en mathématiques et en français. En sciences, il s’améliore un peu, mais reste parmi les moins favorables de l’OCDE. Le soutien familial perçu est également en baisse et inférieur à la moyenne OCDE.

Poser ce constat ne revient pas à rendre les élèves ou leurs parents responsables des mauvais résultats. La qualité des apprentissages dépend à la fois de ce qui se passe dans la classe, de l’organisation de notre système, de l’engagement de l’élève et de l’environnement qui l’entoure. On ne peut pas davantage refuser de parler d’effort, de persévérance, d’assiduité ou du rôle des familles lorsque ces éléments ressortent clairement de l’enquête OCDE.

Nous devons oser reparler de l’importance de la discipline et d’une bonne gestion du climat scolaire. Il ne s’agit pas de promouvoir une école autoritaire, ou de considérer que la solution serait simplement de sanctionner davantage. Il s’agit de restaurer un cadre clair qui replace chaque acteur dans son rôle, ses devoirs et ses droits dans lequel l’enseignant est en capacité d’enseigner et l’élève d’apprendre. La comparaison avec l’Estonie est ici parlante : selon l’étude Talis 2024, environ 9 minutes sur 100 y sont consacrées à la discipline et au climat scolaire, contre 21 minutes chez nous. Ce temps perdu est autant de temps qui n’est pas consacré aux apprentissages.

Le climat scolaire ne se résume évidemment pas à la discipline. Il suppose aussi de lutter contre le harcèlement et le cyberharcèlement, de garantir un environnement serein aux élèves et de restaurer le respect des enseignants et de leur autorité. C’est précisément cette combinaison entre exigence, climat scolaire serein et autorité que l’on retrouve dans les systèmes éducatifs les plus performants.

  1. Notre réponse : casser la spirale négative, s’inspirer des meilleurs avec davantage d’exigence, de promotion de l’effort et de la persévérance

Les enseignements de PISA confortent la nécessité de remettre les apprentissages de base au cœur du parcours scolaire, et surtout d’intervenir plus tôt lorsque les difficultés apparaissent.

Trop longtemps, parler d’exigence, d’effort ou de discipline a été considéré comme tabou. PISA nous rappelle pourtant une évidence : on n’améliorera pas durablement le niveau des apprentissages sans remettre aussi l’exigence et le goût de l’effort au cœur de l’école. Ces résultats confortent notre conviction : relever le niveau de maitrise des apprentissages suppose de conjuguer des attentes élevées avec un accompagnement renforcé des élèves.

C’est le sens du test CLÉ, organisé pour la première fois cette année scolaire en début de 4ème primaire, en calcul, lecture et écriture. Son objectif n’est pas de sanctionner ou de classer les élèves, mais d’obtenir une photographie précise des acquis de chacun pour pouvoir intervenir précisément et rapidement sur ce qui pourrait freiner la bonne poursuite du cursus. Nous ne voulons plus laisser un élève progresser d’année en année avec des difficultés dans les apprentissages de base.

C’est également le sens du relèvement de 50% à 60% du seuil de réussite aux évaluations externes certificatives. Le signal envoyé est celui d’un niveau d’exigence plus élevé. Depuis cette rentrée, une période supplémentaire de mathématiques a également été introduite en 1ère secondaire, ainsi que deux périodes de numérique. Celles-ci ne se limitent pas à l’apprentissage d’outils informatiques : elles visent notamment à développer la compréhension des algorithmes, l’esprit critique face aux contenus en ligne et un usage raisonné des réseaux sociaux. Il s’agit ainsi de donner aux élèves les clés pour comprendre et maîtriser leur environnement numérique plutôt que de le subir, en réponse notamment aux constats de l’enquête PISA sur les effets de la distraction numérique et de certains usages des réseaux sociaux sur les apprentissages.

Ce signal va de pair avec davantage d’accompagnement. 460 équivalents temps plein supplémentaires ont pour mission de prodiguer un accompagnement personnalisé aux élèves en primaire et en 1ère secondaire. Ce sont environ 25 millions d’euros qui permettent notamment d’organiser du soutien supplémentaire et, lorsque c’est nécessaire, du co-enseignement (deux enseignants dans une classe) pour les élèves dont le test CLÉ aura permis d’identifier les difficultés.

À cet accompagnement personnalisé s’ajoute “l’accompagnement renforcé” en 1ère secondaire, afin de concentrer davantage d’encadrement au bénéfice des élèves qui ont eu des difficultés au CEB.

  1. Agir sur les apprentissages, mais aussi sur les conditions dans lesquelles ils se déroulent

L’enquête PISA confirme enfin qu’il faut aussi agir sur tout ce qui permet aux apprentissages d’avoir lieu dans de bonnes conditions. Nos actions visent donc à restaurer un climat scolaire favorable aux apprentissages :

  • Interdiction de l’usage récréatif du smartphone pendant le temps scolaire : pour améliorer la concentration et l’attention des élèves, alors que l’enquête PISA constate une baisse de celles-ci, ainsi que davantage de difficultés face aux tâches intellectuelles complexes. L’utilisation d’outils numériques à des fin pédagogiques reste toutefois pertinente et encouragée.
  • Renforcement de la lutte contre le harcèlement et le cyberharcèlement, avec 8 millions d’euros mobilisés sur quatre ans. Un climat favorable aux apprentissages est aussi un climat dans lequel un élève peut venir à l’école sans craindre d’être harcelé.
  • Protection des enseignants : le nouveau Code pénal reconnaît pleinement les enseignants parmi les personnes exerçant une fonction sociétale et renforce leur protection face aux violences verbales ou physiques dans l’exercice de leur métier.
  • Autorité pédagogique des enseignants : la fin de l’automaticité de certains recours vise également à restaurer la confiance dans leur expertise pédagogique. Un enseignant doit pouvoir exercer son métier en étant respecté, protégé et conforté dans son autorité.
  • Lutte plus précoce contre l’absentéisme et le décrochage scolaire : l’enquête PISA constate une hausse de l’absentéisme en FWB depuis 2022. Les familles sont désormais alertées dès quatre jours et demi d’absence injustifiée. Si les absences se poursuivent, l’accompagnement est renforcé avec les CPMS et, si nécessaire, les acteurs de l’aide à la jeunesse. La nouvelle circulaire PLP41 (avec le Ministre de l’intérieur Bernard Quintin) renforce également la prévention en prévoyant un référent police pour chaque école, afin de faciliter le dialogue et une intervention plus rapide lorsque des signaux de décrochage s’accompagnent d’une situation de mineur en danger ou d’un risque de basculement dans la délinquance juvénile. L’objectif est d’agir le plus tôt possible, avant que la spirale de l’échec ou qu’un décrochage durable ne s’installent.
  • Renforcement de la qualité et de l’attractivité du qualifiant : l’enquête PISA met en évidence un écart important de performances selon les parcours scolaires. Les élèves à l’heure dans l’enseignement de transition obtiennent de très bons résultats, tandis que ceux qui ont connu le redoublement et fréquentent le qualifiant affichent des performances nettement plus faibles. La réponse ne peut pas être de simplement retarder l’orientation : il faut faire du qualifiant un choix positif qui repose sur la réussite des apprentissages d’une part, et sur un parcours orientant d’autre part, plutôt que la conséquence d’échecs successifs. C’est ce que nous faisons grâce notamment aux activités orientantes dans le secondaire, à la réforme systémique du qualifiant et au développement de l’alternance.

Enfin, pointons quelques aspects positifs relevés par l’enquête PISA :

  • Davantage d’équité dans les résultats des élèves sur base de leur milieu socio-économique ;
  • Une certaine stabilité dans nos résultats en sciences, là ou d’autres enregistrent une baisse sévère.

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