Prix des carburants : Le MR veut faire baisser le prix à la pompe en rendant aux citoyens les surplus de recettes de l’Etat

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Depuis début mars, les prix de l’énergie augmentent et atteignent un niveau historique. Après les mesures d’avril 2026, le MR remet sur la table du Gouvernement des mesures pour protéger le consommateur et faire baisser les prix à la pompe et au camion, notamment le cliquet inversé.

Le Gouvernement monitore la situation d’approvisionnement en temps réel. À ce stade, elle reste sous contrôle et plus de 90  jours de stocks de produits pétroliers sont disponibles au cas où.

Abstract :

  • La guerre dans le détroit d’Ormuz impacte toujours fortement les marchés du pétrole et du gaz. À ces tensions se sont ajoutés des difficultés d’approvisionnement du marché mondial sur les produits raffinés (diesel notamment) avec les frappes sur les raffineries russes et les difficultés dans le Moyen-Orient.
  • Nous avons atteint un chiffre historique : 2,50€/litre sur le diesel, 2,05€/litre sur l’essence, 1,51€/litre pour le mazout de chauffage. Pour le gaz, même il n’y a à ce stade encore rien de comparable avec les prix connus en 2022 (jusqu’à 300€/MWh au cœur de l’été 2022) mais le prix est aux alentours de 70-75€/MWh, soit + 50% par rapport à avril 2026. L’électricité suit la même tendance en étant à environ 170€/MWh. Ce sont des prix élevés et anormaux.
  • Le Gouvernement fédéral monitore constamment la situation sur l’approvisionnement sur chacun des vecteurs. Nous sommes dans une période de tension sur les prix due à la reconstitution des stocks de gaz en Europe (demande > offre) et la demande sur le mazout suit la même tendance. À côté des mesures prises en avril dernier, le MR remet sur la table le cliquet inversé avec la volonté de descendre le prix des carburants aux taux minimum de taxation UE (soit une baisse de 29 cents/litre pour l’essence et 32 cents/litre pour le diesel).

 

 

  1. Les tensions géopolitiques ont des impacts mondiaux

Les États-Unis et l’Iran sont en conflit depuis le début de mars 2026. Les blocages et les détentes successives du détroit d’Ormuz où transitait 11% du volume du commerce maritime mondial dont plus de 20% pour le commerce du pétrole créent énormément d’incertitudes sur les marchés de l’énergie. Par ailleurs, dans l’autre détroit où se trouve la Mer rouge, l’altération par une attaque de drones du pipeline qui achemine des millions de barils de la production saoudienne a tendu encore davantage l’approvisionnement mondial en pétrole. Ce 22 septembre, l’Arabie saoudite annonce que le transit via ce pipeline va reprendre, du moins partiellement.

Enfin, notons que les attaques en profondeur sur les raffineries russes ont pour effet une non-disponibilité aussi de ces produits pétroliers raffinés (essence, diesel, kérosène, etc.)sur les marchés mondiaux.

Pour rappel, il y a eu dès mars-avril des attaques de l’Iran sur des infrastructures énergétiques qataries qui produisaient du gaz naturel liquéfié (GNL), notamment à destination de l’Europe (10% pour l’Europe mais à peu près 16% du GNL pour la Belgique). L’Asie est particulièrement dépendante de ce gaz naturel liquéfié qatari. Privée de cet approvisionnement, elle se tourne vers les autres fournisseurs (qui fournissent l’UE) et il en découle une hausse des prix sur l’ensemble des marchés mondiaux du GNL. La situation est très tendue bien que les prix n’atteignent pas, à ce stade, les niveaux que nous avons connus en 2022 avec 300 EUR/MWh au cœur de l’été 2022.

Le pétrole fait l’objet de stocks stratégiques à hauteur de 3 mois minimum d’importation belge. Nous n’avons pas entamé ces réserves. Nous sommes même à plus de 90 jours de stockage en pétrole brut et en produits raffinés. Nous ne faisons pas face à un problème de sécurité d’approvisionnement à ce stade. Pour autant, cela n’empêche pas le prix du baril d’augmenter sur le marché mondial.

  1. Des impacts considérables sur les prix de l’énergie

A ce stade, le Gouvernement continue de monitorer très étroitement les prix de tous les vecteurs énergétiques. Pour rappel, des mesures ont été prises en avril 2026. Le Gouvernement examine si d’autres mesures doivent être prises vu les prix historiquement hauts qui sont observés.

GAZ

En mars-avril 2026, l’indice néerlandais (TTF – référence au niveau UE) est aux alentours de 50-60€/MWh. Il est actuellement autour des 70-75 €/MWh. Nous observons la même tendance que pendant l’été qui a suivi le déclenchement de la crise russo-ukrainienne : les stocks européens sont en cours de remplissage et le prix sur les marchés européen et mondial s’en ressent.

Avant la crise de 2021, les prix du gaz étaient de 25€/MWh en moyenne et 30 à 32€/MWh sur les années 2023-2025. Pendant la crise de 2021, des prix de plus de 50 EUR/MWh ont été vus – comme en janvier 2025 – et lors de l’invasion de l’Ukraine par la Russie (février 2022), le prix du gaz se négociait pendant plusieurs mois au-delà de 100 EUR/MWh avec des pics jusqu’à 300 EUR/MWh sur les marchés spot (intraday) pendant l’été 2022.

PÉTROLE

Au niveau des produits pétroliers, les prix maxima à la pompe ont augmenté de manière inédite pour atteindre 2,5€/litre pour le diesel (1,78 €/litre => 2,25 €/litre pour le 23 mars) et de 2,05 €/l. pour l’essence. Pour le gasoil de chauffage, nous sommes à 1,49€/litre. (0,85 €/litre => 1,35€/litre en avril 2026).

A ce stade, le gouvernement veille à ce que le contrat-programme joue son rôle : ce contrat-programme est en place depuis les crises pétrolières des années 70 et empêche la volatilité des marchés pétroliers de faire des mouvements trop brusques pour le consommateur final.

Pour aller plus loin et protéger davantage le consommateur, le MR met sur la table du gouvernement le cliquet inversé qui vise à baisser les prix des carburants (essence et diesel) de plusieurs dizaines de cents par litre de carburant. De plus, le MR demande à ce que les éventuelles hausses de recettes fiscales (sur la TVA notamment) soient rétrocédées aux contribuables.

ÉLECTRICITÉ

On le sait précisément depuis 2021, le prix du gaz définit souvent le prix de l’électricité sur le marché européen. Ainsi, une augmentation des prix du gaz se répercute via le mécanisme de fixation des prix (merit order) sur les prix de l’électricité.

Les prix du gaz étant élevés, les prix de l’électricité montent sur les marchés de gros et oscillent entre 160 EUR/MWh et 170 EUR/MWh. Là où, depuis 2023, ils oscillaient entre 65 et 75 EUR/MWh avec cependant des pics réguliers à plus de 100 EUR/MWh. En 2022-2023, les prix de l’électricité sur les marchés de gros pouvaient osciller entre 180 et 250 EUR/MWh avec des pointes à 400 EUR/MWh lors des pics.

  1. Les mesures prévues ou en analyse

A ce stade, le Gouvernement fédéral et la Commission de régulation des marchés d’électricité et de gaz (CREG) veillent à ce que les outils mis en place en 2022 et 2023 fonctionnent. Il s’agit notamment d’un plafond automatique pour les prix du gaz s’il dépasse 100 EUR/MWh pendant une certaine période.

Le MR remet sur la table du Gouvernement le cliquet inversé qui vise à baisser les prix des carburants (essence et diesel) respectivement de 29 cents/litre et 32 cents/litre. De plus, le MR demande à ce que les éventuelles hausses de recettes fiscales (sur la TVA notamment) soient rétrocédées aux contribuables.

Le Ministre Mathieu Bihet et la CREG monitorent en temps réel la sécurité d’approvisionnement, les prix sur les marchés de l’énergie et les impacts sur les consommateurs finaux. La CREG regarde attentivement si les fournisseurs ne prennent pas des libertés avec la réglementation au détriment des consommateurs.

En avril 2026, le gouvernement a pris une série de mesures dans un paquet de 80 millions d’euros sur trois mois, avec des mesures ciblées et temporaires, pour aider concrètement sans dérapage budgétaire.

Cela concernait un soutien direct pour les travailleurs. L’indemnité domicile-travail a été renforcée : l’augmentation est compensée à hauteur de 20 % (max. 10 cent/km) et non taxée. En parallèle, l’indemnité kilométrique professionnelle est rendue plus réactive, avec un recalcul mensuel exceptionnel pendant trois mois, avant un retour au système classique (référence 0,4371 €/km).

La protection des ménages vulnérables a été renforcée avec l’accélération de la réforme du tarif social, le maintien de l’indexation et 15 millions d’euros pour les fonds sociaux énergie et report des hausses d’accises.

Enfin, des mesures concrètes ont soutenu l’économie réelle : report ou exonération des cotisations pour les indépendants, et aide ciblée aux agriculteurs via l’augmentation des frais déductibles. En parallèle, des décisions sont prises pour sécuriser l’approvisionnement énergétique (offshore, nucléaire, gaz) et inciter la réduction de la consommation.

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