Près de 1,9 million de personnes vivent aujourd’hui seules en Belgique, soit une augmentation de 52 % en trente ans. À Bruxelles, cette évolution est encore plus marquée : dans plusieurs communes, près de six ménages sur dix sont désormais composés d’une seule personne. Une réalité démographique qui doit aussi se traduire dans nos politiques publiques.

Depuis plusieurs années, la députée bruxelloise MR Aurélie Czekalski défend une approche « Single Friendly », visant à mieux prendre en compte les personnes vivant seules dans l’élaboration des politiques publiques.

Fiscalité, logement, accès au crédit, énergie ou encore charges fixes : de nombreux mécanismes restent aujourd’hui largement pensés autour du modèle du couple, alors que les parcours de vie ont profondément évolué.

Dans cette carte blanche, Aurélie Czekalski plaide pour des politiques publiques davantage adaptées à cette nouvelle réalité, sans créer de privilèges, mais en veillant à ce que les personnes vivant seules ne soient pas pénalisées par leur situation.

Vivre seul à Bruxelles : une réalité qui impose de repenser nos politiques publiques

Lorsque j’avais lancé la réflexion il y a quelques années autour d’une politique « Single Friendly », certains considéraient encore cette question comme un “sujet de niche”. Un article publié dans Le Vif prouve encore une fois le contraire. Les personnes isolées n’ont jamais été si nombreuses en Belgique. En Belgique, près de 1,9 million de personnes vivent seules, soit une augmentation de 52 % en trente ans. Plus d’un adulte sur trois vit désormais dans un ménage composé d’une seule personne.

Bruxelles illustre parfaitement cette évolution. Dans plusieurs communes de la capitale, près de six ménages sur dix sont composés d’une seule personne. Ce n’est plus une exception : c’est devenu une caractéristique majeure de notre société.

Cette évolution résulte de multiples réalités. Les parcours de vie sont plus diversifiés qu’hier. Le célibat est davantage choisi. Les séparations et les divorces sont plus fréquents. Les familles monoparentales sont plus nombreuses. L’espérance de vie s’allonge également, ce qui augmente le nombre de personnes âgées vivant seules. Pourtant, notre système continue largement à être construit autour du modèle du couple. Fiscalité, logement, aides publiques, accès au crédit ou encore charges fixes : dans de nombreux domaines, vivre seul reste synonyme de désavantage.

Or, vivre seul ne coûte pas deux fois moins cher. Le loyer, les assurances, les abonnements, les dépenses énergétiques ou les taxes ne diminuent pas proportionnellement parce qu’on habite seul. Au contraire, ces dépenses pèsent beaucoup plus lourdement sur le budget d’une personne seule.

Cette réalité appelle une réponse politique.

Être une Région inclusive, ce n’est pas uniquement reconnaître la diversité des parcours de vie. C’est aussi s’assurer que les politiques publiques ne créent pas de discriminations indirectes entre les citoyens.

C’est précisément l’objectif d’une approche « Single Friendly » : intégrer systématiquement la réalité des personnes vivant seules dans l’élaboration des politiques publiques, afin qu’elles ne soient plus les grandes oubliées des réformes socio-économiques.

Adapter nos politiques à cette évolution démographique n’est pas accorder un privilège à certaines ou à certains. C’est simplement faire en sorte que nos décisions correspondent enfin à la société d’aujourd’hui, parce qu’une politique juste est une politique qui tient compte des réalités de vie de chacune et de chacun.