Face aux mobilisations observées ces dernières années en Fédération Wallonie-Bruxelles, les ministres de la Jeunesse et de l’Education réaffirment leur volonté d’écoute et de dialogue avec les jeunes. Au-delà des réponses apportées aux préoccupations exprimées aujourd’hui, elles souhaitent renforcer durablement la place des jeunes dans le débat démocratique et les processus de participation, permettant de faire entendre leurs attentes, leurs réalités et leurs propositions auprès du monde politique.

Les récentes mobilisations ont mis en évidence des préoccupations qui dépassent les seules questions liées à l’enseignement. Elles expriment plus largement une attente de dialogue et une volonté, pour de nombreux jeunes, d’être davantage associés aux décisions qui concernent leur présent et leur avenir. Les ministres considèrent que cette parole doit pouvoir trouver des espaces d’expression, d’échange et de suivi dans la durée. C’est pourquoi elles proposent aujourd’hui un ensemble d’initiatives visant à renforcer les mécanismes de dialogue entre les jeunes et les pouvoirs publics.

Des mécanismes concrets pour faire entendre la voix des jeunes

Pour la Ministre de la Jeunesse, il est essentiel que cette volonté d’écoute ne se traduise pas seulement par une réponse ponctuelle à une mobilisation mais par des dispositifs concrets, accessibles à l’ensemble des jeunes et inscrits dans le temps. Si les rencontres organisées ces dernières semaines constituent des moments importants de dialogue, elles doivent s’accompagner de mécanismes permettant aux jeunes de participer de manière régulière à l’élaboration des politiques publiques. Cette démarche s’inscrit pleinement dans la Trajectoire Jeunesse portée par la ministre, avec l’ambition de faire de la participation des jeunes non pas une réponse ponctuelle à une mobilisation sociale, mais un principe de construction de l’action publique.

Afin de concrétiser cette ambition, quatre mesures sont proposées à court et moyen terme.

La Ministre de la Jeunesse propose ainsi l’organisation d’États généraux de la Jeunesse, qui réuniront jeunes, acteurs de terrain et responsables publics autour d’un dialogue structuré, et suivi d’effets.

Elle souhaite également renforcer les outils de participation continue grâce à la mise en place d’un consortium et d’une plateforme participative pilotés par le Forum des Jeunes, permettant de recueillir tout au long de l’année les préoccupations, attentes et propositions de la jeunesse.

Valérie Lescrenier souhaite aussi évaluer systématiquement l’impact des politiques publiques sur la jeunesse. Dans cet objectif, elle propose de développer en Fédération Wallonie-Bruxelles, comme en Flandre, un “Test Jeunes” et de le suggérer dans les entités où il n’est pas encore prévu, ou d’organiser une rencontre annuelle entre des jeunes et l’ensemble du Gouvernement afin de mieux intégrer leur réalité dans les processus décisionnels.

Enfin, la ministre de la Jeunesse entend lancer une réflexion concertée sur la participation électorale des jeunes et leur place dans la vie démocratique. L’objectif est d’identifier les leviers permettant de renforcer leur implication citoyenne, notamment à travers l’examen de l’opportunité d’un abaissement de l’âge du droit de vote et des mesures d’accompagnement en matière d’éducation à la citoyenneté.

Faire vivre le dialogue démocratique à l’école

À la suite d’un échange avec le Comité des élèves francophones (CEF), le 7 octobre dernier, la ministre de l’Éducation Valérie Glatigny encourage les écoles secondaires à organiser des espaces de dialogue pour permettre aux élèves d’exprimer leur vision de l’école d’aujourd’hui et de demain. Cette initiative, qui a été soumise aux acteurs de l’enseignement dans le cadre de la réunion du comité d’avis du 13 octobre dernier, sera menée dans le respect de l’autonomie des écoles et leur offrira l’occasion, durant deux à quatre périodes pendant le temps scolaire, d’échanger avec leurs enseignants et leurs directions sur les difficultés rencontrées, leurs attentes et les améliorations qu’ils souhaitent proposer. Ces espaces de dialogue viendront compléter les conseils de participation (COPA), instances structurelles de concertation réunissant notamment des représentants des élèves, des parents, des équipes éducatives et de la société civile.

Les écoles seront invitées à transmettre les conclusions de ces échanges au Gouvernement, afin que les préoccupations des élèves puissent nourrir la réflexion sur les évolutions de l’enseignement.

« L’école est un lieu privilégié pour faire vivre la démocratie. Nous voulons que les élèves puissent exprimer leurs idées, partager leurs préoccupations et proposer des pistes d’amélioration, tout en tenant compte des réalités budgétaires et institutionnelles. C’est aussi cela, apprendre à participer pleinement à la vie démocratique. En parallèle, les équipes mobiles continueront à accompagner les écoles confrontées à des mouvements d’élèves, pour soutenir les équipes éducatives et favoriser un retour en classe dans les meilleures conditions et le plus rapidement possible », souligne Valérie Glatigny, Ministre de l’Education.