« Le Covid long est une maladie encore trop peu connue dont les conséquences touchent la santé, mais aussi l’école, l’emploi, la solidarité. Avec ses 53 recommandations, le texte adopté aujourd’hui donne aux gouvernements une feuille de route pour améliorer la prise en charge des patients », souligne Anne-Charlotte d’Ursel, sénatrice à l’initiative de la résolution.

En Belgique, 4,2 % des personnes de 15 ans et plus déclarent souffrir du Covid long, selon l’enquête de santé 2023-2024 de Sciensano. Soit environ une personne sur 25. Derrière ce chiffre, des situations très concrètes : un élève qui ne parvient plus à suivre une journée de cours, un travailleur dont la concentration s’effondre, un parent dont la maladie entrave le quotidien avec ses enfants.

« Pour beaucoup, le Covid appartient au passé. Pour les patients atteints de Covid long, ses conséquences rythment encore chaque journée. Ils doivent être entendus, orientés et soignés. Après plusieurs mois de travaux et d’auditions de médecins, de chercheurs et d’associations de patients, ses 53 recommandations doivent être entendues », déclare-t-elle.

Plus de 200 symptômes ont été recensés : fatigue persistante, essoufflement, douleurs, troubles du sommeil, difficultés de mémoire et de concentration,… Autant de signes différents qui rendent la maladie difficilement détectable entraînant une véritable errance médicale dans le chef des patients déjà fortement affaiblis, souvent stigmatisés et très seuls.

Le Covid long peut réduire l’autonomie, fragiliser les revenus et bouleverser l’organisation familiale. Au travail, il peut entraîner des absences, une réduction des horaires ou une interruption de l’activité professionnelle. Dans son rapport de 2026, l’OCDE relève que les études disponibles suggèrent une perturbation de l’emploi chez environ 1 travailleur atteint sur 5.

La résolution préconise des adaptations progressives des tâches et des horaires, ainsi qu’une meilleure concertation entre le patient, son médecin traitant, le médecin du travail et la mutualité.

« Derrière un arrêt de travail, il y a parfois une personne qui souhaite reprendre mais dont les capacités fluctuent d’un jour à l’autre. Un retour durable suppose un accompagnement individualisé. Les auditions ont montré la nécessité de prendre en compte l’ensemble des conséquences de la maladie, y compris sur les proches », explique la sénatrice.