Dans Sudinfo ce vendredi, la cheffe de groupe Diana Nikolic revient sur la proposition de résolution qu’elle porte au Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles avec plusieurs députés MR et des Engagés. Son objectif : mieux armer les jeunes face aux extrémismes, et toutes formes de radicalisations – qu’elles soient politiques, religieuses ou idéologiques – et aux mécanismes qui fragilisent la démocratie.
« En Belgique, nous avons développé, à juste titre, une mémoire et une vigilance fortes à l’égard de l’extrême droite. Mais il existe encore un angle mort dans notre mémoire collective concernant les crimes et les dérives des régimes communistes. Mon histoire familiale, marquée par la Yougoslavie communiste, m’y rend particulièrement sensible.».
Pour Diana Nikolic, il ne s’agit ni de comparer les souffrances ni d’établir un classement entre les totalitarismes.
« Je ne fais pas de classement de l’horreur. Mais notre boussole démocratique doit rester la même : les libertés fondamentales, le pluralisme, l’État de droit et le refus de la violence politique. Aucun régime qui les a abolis ne doit bénéficier d’une forme de complaisance ou de nostalgie. »
Mieux connaître pour mieux protéger la démocratie
La proposition s’inscrit dans un travail de mémoire déjà encouragé au niveau européen. Elle part aussi d’un constat concret : notre enseignement aborde largement le totalitarisme nazi – et c’est indispensable – mais beaucoup moins les mécanismes, la répression et les crimes des régimes communistes.
Le texte demande donc de renforcer l’enseignement des idéologies fascistes et d’extrême droite et, avec la même exigence historique et pédagogique, celui des régimes communistes totalitaires et de leurs conséquences.
Mais son ambition est plus large. La résolution vise toutes les formes d’extrémisme et de radicalisation, qu’elles soient politiques, religieuses ou idéologiques, et insiste sur l’esprit critique, la distinction entre faits, opinions et croyances et l’apprentissage du pluralisme démocratique. C’est bien le périmètre que fixe la proposition déposée.
« Une démocratie vivante accepte le désaccord, y compris radical. Mais contester n’est pas intimider, manifester n’est pas agresser et défendre une cause ne donne jamais un permis de violence. »
Renforcer les référentiels scolaires
Le texte demande notamment de renforcer les référentiels scolaires, de développer des outils pédagogiques sur les extrémismes, d’encourager la recherche et les initiatives du monde académique, de mobiliser les secteurs de la jeunesse et de l’éducation permanente et d’organiser un hommage aux victimes du stalinisme et du nazisme. Il prévoit également d’intégrer explicitement la prévention de la violence comme mode d’expression et de revendication politique dans l’approche CRACS des politiques de jeunesse.
Enfin, à la veille de la Journée internationale de la démocratie du 15 septembre, la résolution invite le Gouvernement fédéral à examiner l’opportunité d’une législation concernant la négation, la minimisation, la justification ou l’approbation des crimes commis par les régimes communistes.
« L’objectif n’est pas d’apprendre aux jeunes ce qu’ils doivent penser. C’est de leur donner les outils pour comprendre l’Histoire, reconnaître les mécanismes qui fragilisent une démocratie et défendre leurs idées sans jamais renoncer aux règles démocratiques. »



