Dans un entretien accordé au média français Connaissance des Energies, le Ministre fédéral de l’Energie Mathieu Bihet revient sur les mesures prises depuis le début de la législature et les choix qui doivent préparer l’avenir énergétique de la Belgique.

Hausse des prix dans le contexte de la crise au Moyen-Orient, pouvoir d’achat, compétitivité de nos entreprises, avenir du nucléaire et développement des énergies renouvelables : le Ministre défend une approche pragmatique, fondée sur la sécurité d’approvisionnement, la maîtrise des coûts et le renforcement de notre souveraineté énergétique.

Protéger les consommateurs face à la hausse des prix

La crise au Moyen-Orient rappelle combien les tensions internationales peuvent peser sur les prix de l’énergie. Pour en limiter les conséquences, le gouvernement a prévu 80 millions d’euros de mesures ciblées, destinées notamment à soutenir les travailleurs et les ménages les plus vulnérables qui se chauffent aux combustibles fossiles.

Au-delà de l’urgence, l’enjeu est de réduire progressivement notre dépendance aux énergies fossiles importées. Produire davantage d’énergie en Europe et diversifier nos sources d’approvisionnement sont des leviers essentiels pour mieux résister aux prochaines crises.

Renforcer la compétitivité de notre industrie

Une énergie compétitive est indispensable à notre économie. Nos entreprises doivent pouvoir produire, investir et maintenir l’emploi en Belgique sans subir un désavantage énergétique structurel par rapport à leurs concurrentes européennes.

C’est tout le sens de la norme énergétique, qui mobilise 944 millions d’euros sur la législature pour soutenir la compétitivité de nos entreprises, en particulier les plus grandes consommatrices d’électricité. Cette réforme doit également accompagner les investissements nécessaires à la décarbonation de notre industrie.

Construire un mix énergétique qui mise sur tous nos atouts

La Belgique ne peut se permettre d’opposer les différentes sources d’énergie. Elle a besoin d’un mix complémentaire associant nucléaire, énergies renouvelables, réseaux, stockage et capacités de flexibilité.

Le nucléaire a retrouvé sa place dans la politique énergétique belge. Après la prolongation de Doel 4 et de Tihange 3, les discussions avec ENGIE se poursuivent en vue de permettre à l’Etat belge de reprendre la maîtrise des activités nucléaires du pays.

En parallèle, la Belgique entend valoriser son potentiel en mer du Nord et poursuivre le développement de l’éolien offshore, en veillant à la maîtrise des coûts pour les consommateurs et les entreprises.

Préparer l’avenir, dès aujourd’hui

La politique énergétique doit répondre aux besoins immédiats tout en préparant les prochaines décennies. Cela suppose de renforcer notre sécurité d’approvisionnement, de réduire nos dépendances et de donner à notre industrie les moyens de rester compétitive.

C’est dans cette direction que Mathieu Bihet entend poursuivre les réformes engagées : une politique énergétique qui conjugue souveraineté, compétitivité et décarbonation, sans opposer les technologies ni perdre de vue le pouvoir d’achat.

 

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