À l’occasion des Fêtes de Wallonie, Adrien Dolimont, Ministre-Président de la Wallonie, a accordé une longue interview au journal flamand De Zondag. Face à un lectorat flamand, il a défendu une Wallonie lucide sur ses difficultés, mais déterminée à ne pas se laisser résumer aux clichés qui lui sont associés.

Interrogé sur l’image du « Wallon paresseux », il reconnaît la réalité de l’écart de taux d’emploi avec la Flandre. Mais ce constat ne justifie aucune généralisation : de nombreux Wallons travaillent dur et la priorité est désormais de mener une autre politique. La limitation dans le temps des allocations de chômage et l’objectif d’un taux d’emploi de 70 %, pour la Wallonie, en 2029 participent à ce changement de cap.

La même franchise s’applique aux transferts entre les Régions. Ils ne peuvent constituer une perfusion permanente et ne se justifient que s’ils contribuent au redressement de la Wallonie. Le Ministre-Président rappelle toutefois que l’histoire doit être racontée dans son ensemble : ils ont aussi bénéficié à la Flandre par le passé.

L’enjeu n’est donc pas d’entretenir les reproches, mais de permettre à la reprise wallonne de s’installer durablement.

L’interview témoigne également de l’évolution du dialogue entre le nord et le sud du pays. Adrien Dolimont souligne le respect, l’ouverture au dialogue et la fidélité aux engagements de Bart De Wever, notamment lorsque le Premier ministre a accepté d’atténuer la hausse de la taxe sur les billets d’avion, qui pénalisait l’aéroport de Charleroi.

Cette volonté de coopération n’empêche pas un débat de fond sur l’efficacité de l’État. Face au projet confédéral de la N-VA, Adrien Dolimont défend une Belgique unie et estime que certaines compétences gagneraient à être refédéralisées. Il pointe notamment le commerce extérieur, aujourd’hui exercé séparément par les trois Régions, et plaide plus largement pour réduire le nombre de niveaux administratifs. C’est aussi dans cette logique que le Gouvernement wallon prévoit la suppression des administrations provinciales à partir de 2030.

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