Lors de la rentrée politique du MR à Waterloo, la ministre néerlandaise de la Défense Dilan Yeşilgöz-Zegerius a livré un plaidoyer pour la liberté d’expression, le débat démocratique et le courage politique. Son idée centrale : les démocraties doivent accepter les faits, y compris lorsqu’ils dérangent.
Aujourd’hui vice-Première ministre et ministre de la Défense des Pays-Bas, Dilan Yeşilgöz est également cheffe du VVD, le parti libéral néerlandais. Née à Ankara en 1977, elle est arrivée enfant aux Pays-Bas avec ses parents après avoir fui la Turquie. Elle a notamment été élue municipale à Amsterdam, députée, secrétaire d’État à l’Économie et au Climat, puis ministre de la Justice et de la Sécurité avant d’entrer à la Défense en février 2026.
La « machine de la liberté »
Face aux militants libéraux belges, Dilan Yeşilgöz a décrit la démocratie comme une « machine de la liberté », capable de transformer les désaccords en débats et les débats en décisions plus responsables.
« J’appelle cela notre machine de la liberté : une machine qui transforme le désaccord en débat, qui donne de l’espace aux nouvelles idées, qui permet de corriger les erreurs et qui transforme le pouvoir en responsabilité. »
Selon elle, une démocratie ne peut fonctionner qu’en regardant la réalité en face.
« Une dictature peut décréter que la réalité est différente. Une démocratie, au bout du compte, ne peut fonctionner qu’en affrontant la réalité. »
Elle critique les méthodes qui consistent à éviter un débat en attaquant la personne qui porte un message plutôt que ses arguments.
« Si vous ne voulez pas discuter de ce que quelqu’un dit, jetez le soupçon sur la personne qui le dit. »
Pour la ministre, la bonne réponse à une analyse contestée n’est pas l’étiquette ou le procès d’intention, mais la discussion fondée sur des données solides.
« Combattez un argument par un argument. Apportez d’autres chiffres, de meilleures recherches, des faits montrant que je me trompe. »
Migration, sécurité et réalité
Dilan Yeşilgöz a également évoqué son propre parcours de réfugiée. Elle refuse que son origine lui impose une position politique précise sur l’asile.
« Parce que j’ai moi-même été réfugiée, j’étais apparemment censée soutenir une politique d’asile illimitée. »
Elle défend au contraire une politique migratoire stricte, estimant qu’elle doit permettre de protéger durablement les personnes qui ont réellement besoin d’un refuge.
« Ce n’est pas renier mon histoire ; c’est prendre mes responsabilités. »
Elle a aussi cité son combat contre le harcèlement de rue à Amsterdam, dénonçant les blocages politiques qui empêchent d’aborder certains sujets par peur des conclusions que pourraient révéler les faits.
La menace russe
Dans ses fonctions de ministre de la Défense, Dilan Yeşilgöz a insisté sur la menace que représente la Russie pour les sociétés européennes : sabotage, ingérence, tentatives de division et recours à la violence.
« Nous avons quelque chose qui mérite d’être défendu : notre liberté. »
Elle vise ceux qui minimisent les menaces russes ou présentent le soutien à l’Ukraine comme une position belliciste. Pour elle, refuser d’examiner les faits fragilise directement les démocraties.
« Dans une démocratie, la vérité ne peut jamais être hors limites, surtout lorsqu’elle dérange. »
Son message au MR
La ministre a salué les 180 ans du libéralisme belge et encouragé le MR à poursuivre son combat pour une société plus libre, plus sûre et plus prospère. Elle a notamment défendu la baisse des impôts, une bureaucratie plus légère, l’encouragement au travail et à l’entreprise, ainsi qu’une protection sociale durable.
Son discours peut se résumer en une idée : les libéraux doivent assumer les débats nécessaires, ne pas céder à la facilité des étiquettes et défendre activement la liberté face aux menaces intérieures comme extérieures.



